Billet d’humeur | Profites! Ça passe tellement vite – le corps, des formes et déforme

Kimbylicieux -Post partum

« Oh mais vous avez retrouvé la ligne dites donc! » me lance toute enjouée la dame de l’ONE.

Si vous saviez…

En cette journée internationale des Droits des Femmes, j’avais envie de partager un nouveau billet d’humeur avec vous et souligner, parce que cela semble encore tabou, que oui, on peut ne pas se sentir épanouie enceinte et même qu’on peut ne pas aimer ça. Oser aussi dire que tout en sachant que le corps n’est plus le même et ne le sera peut-être plus, cette réalité n’est pas forcément facile à encaisser, et qu’on a le droit d’en faire son « deuil ». Oser le penser et le dire sans passer pour une ingrate et essuyer un aiguisé « je ferai n’importe quoi pour être à ta place ». Je connais bien l’attente, l’espoir et la déception. Ce trio m’a accompagné durant plusieurs années.

« Profites! Ça passe tellement vite ». Les nausées, les vomissements, la fatigue, la sciatique, la multitude de conseils qu’on vous donne sans avoir rien demandé, mange ceci et ne fais surtout pas cela. « Profites! Ça passe tellement vite ». La baisse de tension, la rétention d’eau, les analyses d’urines/sanguines, les multiples prises de sang, et le corps…Déchirure, vergetures, kilos, ah ce corps qui est le nôtre mais qui semble ne plus nous appartenir. Il se forme, se déforme. Il se mue, se déchire puis finalement se transforme.

Alors certes je n’ai pas trouvé cela particulièrement agréable ou épanouissant. Je me suis souvent sentie fragile, dépendante, j’avais peur pour mon bébé dans les transports. Littéralement la peur au ventre.
Mais j’ai aussi eu des périodes de toute puissance et de reconnaissance. Je portais la vie! Et qui plus est je n’avais aucune complication.
La grossesse est sans aucun doute pour moi la plus incroyable des expériences. Elle repousse les frontières de ce que vous pensez être physiquement et psychologiquement supportable, avec au bout de l’aventure l’ultime miracle.

Six semaines post-partum, et le plaisir de remettre ses vêtements même si je dois parfois (souvent) les déboutonner pour me sentir plus à l’aise  et éviter soigneusement ceux un peu plus moulant. Réalité de la maternité.

Non, bien que cela soit flatteur, je n’ai pas retrouvé la ligne chère madame . Mon corps ne sera plus jamais celui d’avant ma grossesse mais qui sait, dans quelques mois, je l’aurai apprivoisé. En attendant et tant qu’il le voudra, Leo se repose dessus et me laisse admirer ses traits parfaits et son odeur enivrante.  Il semble y trouver de l’apaisement. Il lui donne une autre dimension, sublimée.

Mon bonhomme a déjà tellement changé et grandit. Oui, il faut que j’en profite. Ça passe tellement vite.

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